mardi 31 janvier 2012

Le Livre de la Pauvreté et de la Mort (Rainer Maria Rilke)


Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes
solitaire comme une veine de métal pur;
je suis perdu dans un abîme illimité,
dans une nuit profonde et sans horizon.
Tout vient à moi, m'enserre et se fait pierre.


Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,
et cette grande nuit me fait peur;
mais si c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante,
qu'elle m'écrase,
que toute ta main soit sur moi,
et que je me perde en toi dans un cri.


Toi, mont, seul immuable dans le chaos des montagnes,
pente sans refuge, sommet sans nom,
neige éternelle qui fait pâlir les étoiles,
toi qui portes à tes flancs de grandes vallées
où l'âme de la terre s'exhale en odeurs de fleurs.


Me suis-je enfin perdu en toi,
uni au basalte comme un métal inconnu?
Plein de vénération, je me confonds à ta roche,
et partout je me heurte à ta dureté.


Ou bien est-ce l'angoisse qui m'étreint,
l'angoisse profonde des trop grandes villes,
où tu m'as enfoncé jusqu'au cou?


Ah, si seulement un homme pouvait dire
toute leur insanité et toute leur horreur,
aussitôt tu te lèverais, première tempête de monde,
et les chasserais devant toi comme de la poussière_


Mais si tu veux que ce soit moi qui parle,
je ne le pourrai pas, car je ne comprends rien;
et ma bouche, comme une blessure,
ne demande qu'à se fermer,
et mes mains sont collées à mes côtés comme des chiens
qui restent sourds à tout appel.


Et pourtant, une fois, tu me feras parler.


Que je sois le veilleur de tous tes horizons
Permets à mon regard plus hardi et plus vaste
d'embrasser soudain l'étendue des mers.
Fais que je suive la marche des fleuves
afin qu'au delà des rumeurs de leurs rives
j'entende monter la voix silencieuse de la nuit.


Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents
où d'âpres monastères ensevelissent entre leurs murs,
comme dans un linceul, des vies qui n'ont pas vécu


Car les grandes villes, Seigneur, sont maudites;
la panique des incendies couve dans leur sein
et elles n'ont pas de pardon à attendre
et leur temps leur est compté.


Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d'eux n'a vu la pauvre grimace
qui s'est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d'un peuple plein de foi.


Ils vont au hasard, avilis par l'effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s'usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.


La foule les bouscule et passe indifférente,
bien qu'ils soient hésitants et faibles,
seuls les chiens craintifs qui n'ont pas de gîte
les suivent un moment en silence.


Ils sont livrés à une multitude de bourreaux
et le coup de chaque heure leur fait mal;
ils rôdent, solitaires, autour des hôpitaux
en attendant leur admission avec angoisse.
La mort est là. Non celle dont la voix
les a miraculeusement touchés dans leurs enfances,
mais la petite mort comme on la comprend là;
tandis que leur propre fin pend en eux comme un fruit
aigre, vert, et qui ne mûrit pas.


O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
donne à chacun la mort née de sa propre vie
où il connut l'amour et la misère.
Car nous ne sommes que l'écorce, que la feuille,
mais le fruit qui est au centre de tout
c'est la grande mort que chacun porte en soi.


C'est pour elle que les jeunes filles s'épanouissent,
et que les enfants rêvent d'être des hommes
et que les adolescents font des femmes leurs confidentes
d'une angoisse que personne d'autres n'accueille.
C'est pour elle que toutes les choses subsistent éternellement
même si le temps a effacé le souvenir,
et quiconque dans sa vie s'efforce de créer,
enclôt ce fruit d'un univers
qui tour à tour le gèle et le réchauffe.


Dans ce fruit peut entrer toute la chaleur
des coeurs et l'éclat blanc des pensées;
mais des anges sont venus comme une nuée d'oiseaux
et tous les fruits étaient encore verts.
Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes
qui, même aveugles, achèvent leur propre mort.


Oh, donne nous la force et la science
de lier notre vie en espalier
et le printemps autour d'elle commencera de bonne heure.

(Paris 1902)

lundi 5 décembre 2011

Damnation - Béla Tarr

On n'en sort pas indemne devant la beauté du désespoir de ce film... Un film où les images parlent plus que les dialogues, les mots n'ont qu'à bien se tenir! Objection! Certains plans-monologues peuvent durer jusqu'à 2 minutes, et ceci est la spécificité de Béla Tarr...
Je vous propose, ci-dessous, un extrait.


Ce que j'ai lu, ce matin: "Il fit les cent pas en barbotant dans la boue, se complaisant à ce bruit, considérant avec application la peur, le doute, l'ignorance, la pauvreté, la décadence et la mort." Et j'ai pensé à la fin du Damnation, le film de Bela Tarr (extrait, ci-dessus). 

Mais dans le roman d'Onetti, Le Chantier, la décadence ne faisait que commencer!

vendredi 2 décembre 2011

Exclusivement pour Vous...

En prenant la route, on peut lire ici et là: Bouygues ou EDF (ou n'importe quelle entreprise) Travaille pour Vous...
En zappant à la télé, on peut deviner ici et là, BHL ou ATTALI (ou n'importe quel intélligent de l'Intelligentia) Réfléchis pour Vous.
Et TF1 ou M6 (ou n'importe quelle autre chaine) S'exprime pour Vous...
Finalement, Par ce texte, je voudrais qu'on lise: Je ou Moi (et pas n'importe qui des Pouet-Pouet) Ironise pour Vous...

Une phrase de Jean-Claude Michéa: "L'homme Attalien: un homme qui consomme sa vie entre deux aéroports qui a comme seule partie un ordinateur portable!"








jeudi 1 décembre 2011

La pluie et le beau temps [Jacques Prévert]

Je vous propose la lecture d'un texte de Prévert lu de son recueil "La pluie et le beau temps". J'accompagne ce texte d'une petite vidéo du Poète à propos de ce recueil.



CONFESSION PUBLIQUE
(Loto critique)

Nous avons tout mélangé
c'est un fait
Nous avons profité du jour de la Pentecôte pour accrocher
les oeufs de Pâques de la Saint-Berthélemy dans l'arbre
de Noël du Quatorze Juillet
Cela a fait mauvais effet
Les oeufs étaient trop rouges
La colombe s'est sauvée
Nous avons tout mélangé
c'est un fait
Les jours avec les années les désirs avec les regrets et le
lait avec le café
Dans le mois de Marie paraît-il le plus beau nous avons
placé le Vendredi treize et le Grand Dimanche des
Chameaux le jour de la mort de Louis XVI l'année
terrible l'Heure du berger et cinq minutes d'arrêt buffet
Et nous avons ajouté sans rime ni raison sans ruines ni
maisons sans usines et sans prisons la grande semaine
des quarante heures et celle des quatre jeudis
Et une minutes de vacarme
s'il vous plaît
Une minute de cris de joie de chansons de rires et de
bruits et de longues nuits pour dormir en hiver avec
des heures supplémentaires pour rêver qu'on est en
été et de longs jours pour faire l'amour et des rivières
pour nous baigner de grands soleils pour nous sécher
Nous avons perdu notre temps
c'est un fait
mais c'était un si mauvais temps
Nous avons avancé la pendule
nous avons arraché les feuilles mortes du calendrier
Mais nous n'avons pas sonné au portes
c'est un fait
Nous avons seulement glissé sur la rampe de l'escalier
Nous avons parlé de jardins suspendus
vous en étier déjà aux forteresses volantes
et vous allez plus vite pour raser une ville que le petit
barbier pour raser son village un dimanche matin
Ruines en vingt-quatre heures
le teinturier lui-même en meurt
Comment vous-vous qu'on prenne le deuil.

Août 1940, Jurançon.

samedi 26 novembre 2011

Le Jamaistriel de Nulle Part

Je partage avec vous une interview de Lvachir faite par Vururu. Pour lire et écouter d'autres textes, vous pouvez vous connecter sur leur myspace en cliquant sur Diwan

Interview de LVACHIR accordée au Jamaistriel
Interview réalisée par notre envoyé spécial VURURU

VURURU: Les gens t'ont découvert sur ta page myspace.com ,comment l'idée t'est venue?

LVACHIR:
Je ne jouais qu'avec des copains sous des oliviers, on était 8 au départ, trois se sont mis à faire la prière (ils vont à la mosquée) et donc ont quitté le groupe, j'ai été très déçu et suite à cela je me suis décidé à agir. A la fin de mes études , j'ai pu trouver un emploi au black dans un cybercafé près du village et donc j'ai monté mon petit studio à la cabane (a3ciw) et j'ai mis en ligne 2 chansons pour le moment. Mais je compte continuer à publier mes conneries.

VURURU: Comment comptes-tu te faire accepter par les gens ici ? Je veux dire , vu le recours abusif aux gros mots?

LVACHIR
Je me trouve très conséquent dans ma démarche. Quand j'ai affaire à des chauvins berbéristes, je leur explique que si l'on n'utilise pas ces mots, on va les perdre dans une génération, et imaginez dans 20 ans quand abbuc (bite), taxna (anus )…etc auront disparu, un Kabyle pour se faire comprendre devra-t-il montrer sa bite ? c'est ça que vous voulez ?
De ce point de vue, je rends service à ma langue.
En revanche de manière générale, je trouve la vie en Algérie plus obscène que mes textes.
Les Algériens ont assisté à des massacres terrifiant et ils ne semblent pas choqués pour autant.
Et si je les choque en utilisant, des mots que, soit dit en passant, je n'ai pas inventés, c'est qu'ils sont cons. C'est tout.
Moi, je suis ahuri par l'ambiance : la religiosité galopante, les discours de Boutef qui me font dégueuler et la gueule de Zerhouni (ministre de l'intérieur , accusé par certains de les avoir torturé) me terrifie carrément.

VURURU: Te connaissant , je sais que tu es très déçu par ce qui se passe , mais tu préfères rester ici, dans ton patelin, pourquoi ?

LVACHIR
Beaucoup de mes amis, se sont installés en France, mais en fait ils ont juste fuit l'Algérie ; peu importe où ils allaient.
J'ai un ami musicien (bassiste) du village qui est au Mali depuis 2 ans ; on l'appelait l'Africain, avant qu'il ne parte. Il m'a envoyé ses dernières compositions, c'est de la bombe ! Il s'est marié là-bas et enseigne les mathématiques au primaire. C'est sans doute l'expérience la plus enviable. L'Afrique ayant perdu son Nord depuis longtemps.
Les Algériens sont arabe, berbères, musulmans ; maghrébins, mais jamais ils ne se diront africains.
C'est un reniement majeur. Ça me dégoûte !

VURURU: J'ai toujours été épaté par ta démarche, mais n'as-tu pas peur…la morale est très forte en Kabylie ?

AVACHIR
En Kabylie les gens sont ,individuellement pris , très sympathiques.
Je ressens même du soutien, jamais de peur. C'est dans la foule que l'on détecte toutes les crasses traditionalistes. Et puis il y a une tradition de lutte très intéressante , beaucoup de gens sont des putains d'anarchistes qui s'ignorent. L'espoir est là.
Tu sais , prends moi pour un fou si tu veux, mais moi j'ai l'impression d' intercepter, de comprendre des échanges de discussions entre les montagnes : le Djurdjura, les aurès, le hoggar.
J'ai comme l'impression que quelque chose se trame. Et que bientôt un soulèvement irrépressible verra la triste fin de tous ces fils de putes qui nous confisquent nos vies.
Une bande de salauds ne peut infiniment nous berner, c'est une houkouma de ac3ir.

VURURU: Mais il y a un retour flagrant à la religion…il y a même paraît-il des reconversions massives au protestantisme ?

LVACHIR
D'abord faut arrêter de donner de la voix à la propagande intégriste de l'Etat Algérien. Qui n'a pas entendu des « barbus » faire l'éloge de CAT STEVENS et autre MOHAMED ALI parce qu'ils se sont convertis à l'Islam. Le jeux a commencé là.
Ces même connards se plaignent dès qu'il y a un mohand ameziane qui se déclare chrétien. Dans tout le village il y a deux gars qui se réclament chrétiens. Ils ont le droit c'est pas plus grave que d'être musulman. Mais si tu veux mon avis , ces nouveaux convertis, je les compare à ces occidentaux clients addicts et assidus de Mc donalds ;après avoir vu « supersize me » (le film) ils sont devenus des clients tout aussi assidus du Quick.
Je veux dire par là que l'Islam a mauvaise presse aujourd'hui et cela pousse les gens à aller voir ailleurs.
Pour moi l'unique ligne de démarcation est entre religieux et non religieux pas entre musulmans et chrétiens…
Ce sont juste deux marques différentes d'une même multi-nationnale !

VURURU: Toi, donc dans tout ça, tu te places où ?

LVACHIR
« La religion, opium des peuples » n'a jamais pris autant de sens qu'aujourd'hui chez nous. On vit tous sous des régimes oppresseurs dictateurs corrompus, infâmes et les peuples s'en accommodent très bien…
Il a suffit qu'un illustrateur danois caricature Mahomet pour qu' on assiste à des manifestations de rue impressionnantes !
J'ai comme l'impression que les gens trouve dans la religion ce que moi je trouve au cannabis. Cela dit je pense que mon choix est meilleur.

VURURU: Comment arrives-tu à concilier tes convictions libertaires avec le fait de te définir comme Algérien ?

LVACHIR
Algérien n'est qu'un abus de langage ; l'Etat Algérien, le peuple Algérien ne sont que des escroqueries, des fumisteries.
Comme partout ailleurs, on a besoin d'inventer des concepts sanguins, de façon à mieux baiser les peuples en question.
Je te donne un exemple : les gens ont pris les armes contre les coloniaux Français, c'est à dire contre l'injustice. Aujourd'hui, on dit qu'ils sont mort pour l'Algérie, c'est un mensonge !
Ils sont morts en luttant contre l'injustice de l'occupation, la nuance est grande.
La dimension nationaliste de la guerre d'indépendance n'est qu'une récupération.
La seule raison qui vaille qu'on prenne les armes, c'est la liberté. Voilà tout !

VURURU: Tu es Anarchiste ?

LVACHIR
Disons, que je me place de façon à avoir les communistes à mon extrême droite.

VURURU: Ok, pourtant ca continue, encore aujourd'hui, certains parle de récupération nationaliste en Kabylie et ailleurs ?

LVACHIR
Je suppose que tu parles de ce groupuscule d'hyper activistes Kabylistes décérébrés qu'on ne rencontre jamais dans les rues, mais sur qui l'on tombe inévitablement dès que l'on tape Kabyle sur Google ! Ceux-là sont les pires.
Alors même que de par l'histoire des luttes en Kabylie il n'y a eu que des mouvements de gauche voir d'extrême gauche, on assiste aujourd'hui aux gesticulations visant à l'éthnicisations des combats menés par les humbles gens qui nous entourent.
Comme les leaders Kabyles dont tout le glorieux passé sur lequel ils s'appuient s'est construit du temps où ils se réclamaient du communisme ; et qui maintenant nous sortent la vieille rengaine poussiéreuse et puante de : « qui n'est pas communiste à 20 ans n'a pas de c--ur et qui l'est à 40 n'a pas de tête… ».

VURURU: Tu parles de … ?

LVACHIR
Entre autres…Je veux dire que quand on a réalisé ses hauts faits d'armes en étant communiste, on ne peut pas venir aujourd'hui s'excuser de s'être trompé d'idéologie sans renier précisément ses hauts faits d'armes. Ces gens là n'ont de respectable que leur passé.. Quant à leur avenir…

VURURU: Le paysage est fourni, tu les mets tous dans le même sac ?

LVACHIR
Non. Mais disons que c'est un mouvement d'ensemble de reniement et là-dessus peuvent se greffer des météorites qu'on a jamais connues…

VURURU: N'est-ce pas là un symptôme de la peur qu'auraient les kabyles de voir disparaître leurs langue et culture ?

LVACHIR
La disparition, en elle-même ne m'effraie pas plus que ça
dans la mesure où elle est naturelle et fait partie de la vie ;dois-je te rappeler que les dinosaures ont disparus …
En revanche si celle-ci résulte d'un dessein germé dans les tête de coprophages comme Boutef et Zerhouni, c'est inacceptable.
Je te promet que le jour où la vie de ces vieux cloportes prendra fin, je ferai la fête sous mon olivier, en poussant des chants Kabyle, ancestraux, jusqu'au bout de la nuit…
Tamazight leur survivra, alors même qu'ils auront consumé leur vie à tenter de l'éradiquer !

VURURU: En fait rien de neuf, tu dis qu'il y a des cons, jeunes, vieux, ici, ailleurs…

LVACHIR
Tout à fait ! Comme je dis souvent, s' il y a une « richesse » bien répartie à travers le monde, c'est bien la connerie.
Et tant qu'on a pas crée le pays des cons, disons « Connard-Land » où vivraient tous les cons et nationalistes du monde, nous sommes obligés de les côtoyer.
Regarde c'est bien connu, les pays se font se défont, enfin, on les fait et les défait : L'Ex-URSS, l'Allemagne de l'est, l'Ex-Yougoslavie…Bon c'est vrai que ceux-là ont disparu, mais d'autres sont nés… Israël , par exemple ; alors si on continu à fabriquer des pays pourquoi ne pas en faire un pour les cons ?

VURURU: T'as quelques chose contre ces pays ?

LVACHIR
Non, je dis juste que les pays sont des fabrications par des élites, alors un pays de cons, où se côtoieraient les racistes, les chauvins c'est faisable, non ?

VURURU: As-tu une idée quant à l'emplacement géographique de connard-Land ?

LVACHIR
Je propose que ce soit près du Texas ; cela évitera à Bush de faire un long voyage, même si je serai bien tenté pour que celui des clébards qui nous gouvernent ne soit pas trop long non plus…

VURURU: Revenons aux choses sérieuses. Le sexe en Kabylie ?

LVACHIR
La Masturbation est le sport national N°1, on s'en donne à coeur joie.
Sexuellement parlant tout le monde connaît la tragédie de l'âne chez les Kabyles ; il est castré, passe toute sa vie à transporter des briques sans rencontrer d'ânesse.
Je ne transporte pas encore de briques sur le dos, je n'ai pas été castré, ce sont mes consolations…

VURURU: Parlons cash, à quand remonte ton dernier rapport sexuel ?

LVACHIR
Depuis la guerre des six jours !

VURURU: C'est bizarre, tu n'as pas utilisé beaucoup de gros mots , ta marque de fabrique ?!

LVACHIR
Oui, c'est vrai que ce n'est pas la seule culture dont je dispose ;
Toujours est-il que le comble de la subversion ,en tout cas pour moi, ça reste d'utiliser des mots interdits dans une langue toute aussi interdite.

VURURU: Pourquoi tardes-tu à mettre ta nouvelle chanson en ligne?

LVACHIR
Bientôt, mais d'abord, j'assure mes arrières j'attend la réponse du consulat Vénézuélien. J'ai déposé un dossier, je vais émigrer chez mon pote Chavez…
Mes prochains gros mots seront politiques !

VURURU: Tes chansons, notamment , l'imam… est utilisée sur le net de manière assez dénaturante , où PD devient une insulte…etc.

LVACHIR
La chanson relate une vraie histoire, l'imam n'a rien à voir avec la mouvance intégriste. Il était génial et cette chanson se voulait un hommage. Mais je ne suis pas responsable de l'utilisation éhontée de mes chansons.

VURURU: A bientôt a LVACHIR

LVACHIR
Ruh at fked a Vururu !!

jeudi 25 août 2011

Antimanuel d'économie [Bernard Maris]

Mon blog chante la Cigale. Contrairement à la fable de La Fontaine, la mienne, avec toute ma gratitude à Gaz de France (un autre immigré originaire de l'Afrique du nord, comme le Sahara Algérien ou Libyéen), hivers comme été, n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

Mais, Ma Cigale n'est ni dupe ni coupée de la réalité. Elle vous conseille cet Antimanuel d'Economie qui vous montre que la morale de la fable de La Fontaine, par la fourmi besogneuse, participe à rendre naturel et normal le capitalisme esclavagiste d'aujourd'hui et vous ouvre les yeux à la nécessité de la Cigale, c'est-à-dire à la Création.

Les lecteurs qui le souhaitent, comme Oncl'Bernard le propose, je peux partager avec eux une version numérique du tome 1, les fourmis. Vous n'avez qu'à me laisser une adresse courriel (comme disent nos amis Québécois).


vendredi 19 août 2011

Voyage du Condottière [André Suarès]

Je ne peux continuer ma lecture actuelle sans partager cet extrait du chef-d'oeuvre d'André Suarès qu'il avait écrit en 34 années. Je vous invite à le lire.


Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans un voyage. Quoi qu'on en pense, tant vaut l'homme, tant vaut l'objet. Car enfin qu'est-ce que l'objet sans l'homme? Voir n'est point commun. La vision est la conquête de la vie. On voit toujours, plus au moins, comme on est. Le monde est plein d'aveugles aux yeux ouverts sur une taie; en tout spectacle, c'est leur cornée qu'ils contemplent, et leur taie grise qu'ils saisissent.

Les idées ne sont rien, si l'on ny trouve une peinture des sentiments, et les médailles que toutes les sensations ont frappées dans un homme.

Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une oeuvre d'art : une création. De la plus humble à la plus haute, la création porte témoignage d'un créateur. Les pays ne sont que ce qu'il est. Il n'est de véritable connaissance que dans une oeuvre d'art. Toute l'histoire est sujette au doute. La vérité des historiens est une erreur infaillible. Qui voyage pour prouver des idées, ne fait point d'autre preuve que d'être sans vie, et sans vertu à la susciter.

Un homme voyage pour sentir et pour vivre. A mesure qu'il voit du pays c'est lui-même qui vaut la peine d'être vu. il se fait chaque jour plus riche de tout ce qu'il découvre. voilà pourquoi le voyage est si beau quand on l'a derrière soi : il n'est plus et l'on demeure! C'est le moment où il se dépouille. Le souvenir le décante de toute médiocrité. Et le voyageur, penché sur sa toisond'or, oublie toutes les ruses de la route, tous les ennuis et peut-être même qu'il a épousé Médée.